Mort de rire

Muertos de risa

Réalisation : Álex de la Iglesia
Casting : Santiago Segura, El Gran Wyoming, Alex Angulo

Type de film : Fiction
Pays : Espagne
Année : 1999
Durée : 113 mn
Version : VOST


Jeudi 22 octobre à 18:00 à Montpellier.

Séance présentée par Olivier Gutierrez, enseignant- chercheur en études cinématographiques à l’Université Montpellier Paul-Valéry. Cette séance vous est proposée en ouverture de la Journée d’Etudes du vendredi 23 octobre (9h30-17h) au Centre St Charles de l’Université Paul-Valéry : Figures de l’excès, esthétique et mémoire dans le cinéma d’Álex de la Iglesia.
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Nino et Bruno sont deux comiques ratés, jusqu’au jour où Bruno baffe méchamment Nino sur scène. Le public, conquis, en redemande. C’est dès lors, pour nos deux zigues, trente années de succès. Mais aussi trente ans de bourre-pif, durant lesquels les egos s’affrontent et les méchancetés les plus viles et les crasses en tous genres se multiplient. Lorsque l’un et l’autre ne se volent pas leurs copines respectives ou ne se poursuivent pas en voiture, ils ne cherchent qu’à se détruire mutuellement. Leur escalade dans la violence paraît sans fin. Pour Nino, désormais tête à claques de toute l’Espagne, c’est l’enfer. Et la populace en redemande, encore et encore.

Après trois premiers longs-métrages chargés en effets gore, mais aussi en humour caustique, Alex De La Iglesia se tourne à la surprise générale, vers le domaine de la satire. Mort de rire est un monument de comédie grinçante où s’entrecroisent, pêle-mêle, l’Espagne Franquiste et ses généraux dégénérés, les cabarets pourris, les arnaques à la petite semaine, les bastons dantesques à coup de perceuse, les chats volants et, surtout, les baffes dans la tronche !

Le cinéaste livre ici une farce malade qui revisite trente années de l’histoire d’un pays dont les plaies sont encore ouvertes. Il le fait à travers le regard de deux imbéciles que rien ne prédestinait à la gloire, avec un soin évident apporté à la reconstitution de décors diantrement kitschs. Ces deux imbéciles, il parvient même à les rendre attachants à travers un final tout autant hilarant qu’émouvant. Preuve que, derrière les apparences d’une comédie « slapstick », Alex De La Iglesia signe une étude approfondie de deux personnages beaucoup plus complexes qu’il n’y paraît.

Jérôme Pottier

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