Everytime

Réalisation : Sandra Wollner
Casting : Birgit Minichmayr, Lotte Shirin Kelling, Tristan Lopez, Carla Hütterman
Scénario : Sandra Wollner
Récompenses : Prix un Certain Regard – Festival de Cannes 2026

Type de film : Fiction
Pays : Allemagne, Autriche
Année : 2026
Durée : 115 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 11/11/2026

Mercredi 11 novembre
18:10
Jeudi 12 novembre
19:20
Vendredi 13 novembre
19:05
Samedi 14 novembre
19:05
Dimanche 15 novembre
17:35
Lundi 16 novembre
11:40
Mardi 17 novembre
14:25
Mercredi 18 novembre
12:10
Jeudi 19 novembre
17:40
Vendredi 20 novembre
15:05
Samedi 21 novembre
19:25
Dimanche 22 novembre
11:40
Lundi 23 novembre
15:05
Mercredi 25 novembre
11:50
Vendredi 27 novembre
13:40
Samedi 28 novembre
11:10
Lundi 30 novembre
16:35
Mardi 01 décembre
13:25
Vendredi 04 décembre
13:05
Samedi 05 décembre
14:35
Mardi 08 décembre
14:30
Du 11/11/2026 au 08/12/2026 – Prochaines séances

C’est un film superbe, probablement un des plus subtils jamais réalisés sur le deuil. À vingt mille lieues du mélo larmoyant (ils ne le sont heureusement pas tous) et des années-lumières du pensum cérébral, un film sensible, tout en retenue douloureuse et digne. Un film qui vient juste après l’intense et irrépressible chialade, la période terrible où l’être disparu et qui manque terriblement est de tous les regards, de toutes les allusions imperceptibles, alors que ses survivants, dévastés, sont à sec de larmes. Un film pile-poil à la bonne hauteur du drame humain qui sous-tend le récit. Un film enfin qui s’autorise toutes les embardées, toutes les ruptures de ton et où la mise en scène étonnante – notamment le travail sur la lumière – est d’une imparable justesse.

Tout commence le plus paisiblement du monde dans une famille berlinoise monoparentale qui, en ce début d’été, s’apprête à partir en vacances. Jessie, dix-sept ans, et Melli, à peine 10, se chamaillent l’occupation de leur chambre commune – à l’âge où l’adolescente revendique son intimité. Elle s’y enferme d’ailleurs prestement, sous prétexte de devoirs à faire, avec Lux, un garçon certes bon élève, mais surtout d’un charme fou. Soirée de juin, dix-sept ans, « la sève est du champagne et vous monte à la tête »… Au prétexte de l’imminence du départ, Lux et Jessie se laissent griser et montent sur le toit de l’immeuble pour y regarder la nuit tomber. Et, par bravade, jouent à se mettre en danger – un de ces rituels couillons de passage à l’âge adulte, lorsqu’on se croit invincible, qu’on a toute la vie devant soi. Laquelle vie bascule. Au propre comme au figuré, à l’issue d’un plan vertigineux, aussi fascinant qu’inoubliable, sur les hauts immeubles de Berlin dans le soleil couchant.

Un an plus tard, Ella, la mère, et Melli croisent par hasard Lux, qui est entre-temps parti suivre des études aux États-Unis. Le deuil semble très discret, marqué par les visites hebdomadaires sur la tombe de Jessie dans un parc arboré, comme un lieu de promenade. Mais l’absente est présente partout, à tout moment : dans les objets, dans les vidéos familiales ou les photos qui vous tombent sous les yeux, dans les ultimes messages téléphoniques que l’on n’a pas effacés… Ou même, pour Melli, dans les décors irréels et géométriques des jeux de réalité virtuelle style Minecraft, où semble pouvoir se perpétuer le souvenir de la disparue. Mais le calme n’est qu’apparent et, comme sous l’effet du ressac du deuil, Ella décide sans prévenir quiconque d’embarquer Melli et Lux à destination de Ténérife – le but du voyage de vacances qu’elles n’ont jamais pu entreprendre.

Sur l’île espagnole, entre les plages de sable noir, le chaos volcanique des montagnes et l’architecture étrange des résidences littorales pour touristes, la chronique familiale se dépouille alors de son naturalisme pour flirter avec la possibilité de la fable fantastique, les fantômes et la réincarnation.

La fascination qu’exerce le film doit beaucoup aux acteurs, notamment Birgit Minichmayr qui incarne la mère inconsolable et décline toutes les facettes du deuil, superbe de souffrance retenue. La mise en scène, flirtant avec une sorte de surréalisme froid, est admirablement servie par la photo du chef opérateur Grégory Oke (à qui on doit déjà la lumière du formidable Aftersun), qui magnifie aussi bien les vues de Berlin atypiques, avec de grands espaces de nature vides, que les paysages lunaires de Ténérife qu’écrase le soleil rasant.

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