lundi 26 octobre 2026 à 20:00

CINE DEBAT

De 19h à 20h dans le hall du cinéma : Apéro-animation avant la projection : « L’écologie décoloniale, c’est quoi » pour questionner les injustices environnementales et comprendre comment les dynamiques néocoloniales sont aujourd’hui indissociables de la lutte écologique (un jeu de LafiBala)

20h projection des 2 films suivis d’un échange

La soirée est animée par l’équipe de l’association CCFD-Terre Solidaire de Montpellier, en partenariat avec Lafi Bala et dans le cadre du  Festival ALIMENTERRE

LES ANTILLES EMPOISONNÉES, LA BANANE ET LE CHLORDÉCONE

Réalisation : Nicolas Glimois


Type de film : Documentaire
Pays : France
Année : 2024
Durée : 52 mn
Version : VOST

Un désastre sanitaire, un scandale politique. Aux Antilles, 93 % de la population est contaminée au chlordécone, pesticide idéal pour lutter contre le charançon noir du bananier mais terriblement délétère pour la santé : perturbateur endocrinien, il altère le développement neurologique des enfants, cancérogène, il fait de la Guadeloupe et de la Martinique les championnes du monde des cancers de la prostate. Les Antilles empoisonnées retrace l’histoire de ce toxique depuis sa mise au point en 1952 jusqu’aux dernières études épidémiologiques. Interdit pour les cultures alimentaires aux États-Unis, le Kepone, nom commercial du pesticide organochloré, essuie plusieurs refus d’homologation en France. Son autorisation de mise sur le marché est signée en 1972 par le ministre de l’Agriculture, un certain Jacques Chirac. Car les grands planteurs, les « békés », ont leurs relais à Paris – ils sont d’importants bailleurs de fonds du RPR (le Rassemblement pour la République, parti créé sur les ruines de l’UDR par J. Chirac, devenu UMP puis LR / Les Républicains – note du claviste).
C’est tout le mérite de l’excellente synthèse réalisée par Nicolas Glimois : non content de documenter la catastrophe écologique, il plonge à ses racines coloniales. Montre grâce à de saisissantes archives qu’une telle calamité n’est possible que sur des îles où la propriété et le pouvoir sont détenus par quelques-uns, où l’économie est fondée sur des cultures d’exportation, la canne à sucre puis la banane. Cette situation d’assujettissement explique l’usage du chlordécone jusque dans les années 1990 malgré ses dangers avérés et son interdiction partout ailleurs. C’est seulement en 2000, avec l’arrivée en métropole d’une cargaison de patates douces contaminées (illico incinérées sur le port de Dunkerque), que la pollution au chlordécone devient un sujet de santé publique. Et un objet de lutte judiciaire – vaine jusqu’à présent. (Samuel Gontier, Télérama)

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