Ulya

Uļa

Réalisation : Viesturs Kairiss
Casting : Kârlis Arnolds Avots, Chulpan Khamatova, Aleksas Kazanavičius, Arturs Krūzkops
Scénario : Kārlis Arnolds Avots, Livia Ulman, Andris Feldmanis, Viesturs Kairišs, Wojciech Staroń

Type de film : Fiction
Pays : Lettonie
Année : 2026
Durée : 102 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 18/11/2026

Mercredi 18 novembre
17:40
Jeudi 19 novembre
21:00
Vendredi 20 novembre
19:10
Samedi 21 novembre
17:20
Dimanche 22 novembre
20:00
Lundi 23 novembre
11:30
Mardi 24 novembre
17:45
Jeudi 26 novembre
15:05
Vendredi 27 novembre
14:05
Samedi 28 novembre
13:20
Dimanche 29 novembre
11:40
Lundi 30 novembre
20:45
Mardi 01 décembre
16:55
Mercredi 02 décembre
14:00
Jeudi 03 décembre
19:40
Vendredi 04 décembre
15:20
Samedi 05 décembre
11:00
Lundi 07 décembre
16:10
Du 18/11/2026 au 07/12/2026 – Prochaines séances

Nous sommes en 1964, dans un village à l’est de la Lettonie, encore sous la coupe de l’URSS, habité par des Vieux-Croyants, ces Russes qui ont fui les persécutions de l’Église orthodoxe trois cent ans plus tôt. Dans un noir et blanc qui happe immédiatement le regard – le film est d’une grande beauté visuelle –, la caméra se promène dans l’arrière-cour d’une ferme, passant d’un puits à une vaste étendue enneigée, battue par un vent glacial, tandis qu’une voix off nous parle d’une jeunesse qui s’enfuit. Cette jeunesse, c’est celle d’Uļjana Semjonova, l’une des meilleures joueuses de basket-ball au monde, dont la carrière fut malheureusement écourtée par la maladie.

Pourtant, la maladie n’est pas l’angle choisi par Viesturs Kairišs, ni même le fabuleux parcours d’une joueuse exceptionnelle, pour aborder cette biographie portée à l’écran grâce à la persévérance, la ténacité et l’investissement de son acteur principal Kârlis Arnolds Avots, tous deux ayant préféré mettre en avant la vie de la jeune fille avant sa découverte du sport.

On découvre donc, dans la ferme isolée évoquée plus haut, Ulya, adolescente de douze ans tellement grande qu’elle n’entre pas dans le cadre de la photo de classe ! À la visite médicale de rigueur, l’infirmière, désarmée par sa taille, interroge ses parents : « mange-t-elle de la nourriture pour le bétail en période de disette ? »… parce que ces fourrages contiennent des hormones de croissance. Cette scène pose la réalité de la maladie dont souffrait l’athlète, le film n’y reviendra plus, ni ne la nommera précisément. Car l’essentiel est bien ailleurs, dans la façon dont cette jeune fille peut ou non s’accommoder de sa taille hors-norme alors qu’elle n’aspire qu’à une chose : vivre simplement au milieu des animaux de la ferme, au rythme des tâches quotidiennes, entourée de sa famille aimante. Une vie discrète en somme, rendue presque impossible du fait de sa différence. Jusqu’au jour où, par l’intermédiaire du fiancé de sa sœur, la photo de classe – dûment retouchée pour intégrer « la géante » – est envoyée à la capitale, auprès des sélectionneurs de l’équipe de basket-ball de Lettonie. Si le père d’Ulyana voit là une opportunité pour sa fille, la mère, elle, résiste, car être grande ne signifie pas être adulte…

Arrivée à Riga, Ulya, qui jusqu’ici ignorait tout du basket, va devoir apprendre peu à peu les règles de ce sport en même temps que celles de la vie dans une capitale, entourée de filles plus âgées qui commencent déjà à s’intéresser aux garçons et à flirter. Un tel décalage est bien difficile à surmonter pour l’ado de treize ans sortie de sa campagne, sans compter la pression qui va lui tomber sur les épaules par l’intermédiaire de la presse russe, qui tour à tour veut en faire la star de l’équipe de la grande URSS, et la menace de lui imposer des tests génétiques pour prouver qu’elle est bien une femme.

Le drame pour Ulyana, c’est qu’elle ne peut pas passer inaperçue, malgré tous ses efforts, sa discrétion et sa gentillesse : la plupart des personnes qu’elle croise en font presque un objet de foire, réduit à sa seule stature. Et l’on ne peut que saluer la performance de Kārlis Arnolds Avots, qui donne au personnage toute l’ambiguïté nécessaire, soulignant par petites touches tous les éléments sur lesquels s’égarent le jugement et les représentations des personnes qui croisent le chemin d’Ulyana, et, dans le même temps, dévoilant un jeu tout en retenue, marqué par une indéniable poésie du geste : il insuffle ainsi à son rôle toute l’ampleur d’un destin hors du commun, qui laissera une vraie trace dans l’histoire !

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