La montagne d’or
Réalisation : Roland Edzard
Casting : Moussa
Type de film : Documentaire
Pays : France, Belgique, Niger
Année : 2025
Durée : 86 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 18/11/2026
Dans les montagnes de l’Aïr, au nord du Niger, des groupes d’orpailleurs quittent femmes, enfants, proches et village, en quête du filon d’or qui changerait leur vie. Roland Edzard est parti à la rencontre de quelques-uns d’entre eux, et les a suivis dans leur ruée vers l’or qui, contrairement à celle du milieu du XIXe siècle aux États-Unis, ne suit pas le soleil couchant, mais voyage au gré des rumeurs de nouvelles pistes qui circulent dans les campements.
Cette nouvelle quête du métal précieux se déroule dans des pays qui sont parmi les plus pauvres de la planète, mais qui recèlent d’importantes ressources minérales, objet de bien des convoitises. Sur des milliers de kilomètres, s’étendent d’immenses bassins sédimentaires et d’anciens massifs montagneux potentiellement aurifères, exploités de manière majoritairement artisanale, pas forcément officielle, ni légale. Cette pratique élémentaire, rustique, se transmet entre les hommes directement sur le terrain, comme les bons plans et les nouveaux lieux d’extraction…
La Montagne d’or nous offre l’occasion d’une incursion saisissante et presque inédite – entre documentaire et fiction, la frontière est floue – dans le quotidien de Moussa et de ses compagnons, qui se mettent en route pour suivre une nouvelle piste, montent une tente de fortune avec des sacs alimentaires et trois bouts de ficelle, se débrouillent pour assurer leur survie au jour le jour, qui tentent de joindre leur famille dès qu’un mince filet de réseau le leur permet. La caméra nous fait descendre avec eux dans ces puits si étroits et peu sécurisés que l’on est presque saisi par la claustrophobie. Une caméra qui réussit à se faire totalement oublier et à créer un univers parfois onirique, avec l’apport d’une bande son particulièrement expressive.
Remarquablement construit et mis en scène, le film de Roland Edzard a la couleur de cet or tant convoité, mais sa texture est plutôt celle du désert, marquée par l’aridité et les vents de sable qui s’engouffrent partout, et l’on comprend sans mal que l’homme ne soit pas dans son élément naturel dans cette vaste étendue désolée, « à mille milles de toute terre habitée »… Pourtant l’humanité est bien présente, non pas sous la forme d’un renard apprivoisé, mais de petits oiseaux qui suivent les campements et viennent grappiller quelques grains de nourriture sans lesquels ils ne survivraient pas, présente aussi à travers la solidarité qui unit ces hommes, présente encore dans les différents rituels de prière qui permettent de rythmer le quotidien et de ne pas se perdre intérieurement au fil de cette quête sans fin.
Le regard que porte le documentaire sur cette poignée d’hommes et sur leur situation ô combien précaire nous dessine les contours de la situation géopolitique du Niger, des tensions militaires à l’œuvre dans cette région du Sahara. Dans le même temps le film résonne avec les informations que l’on peut entendre sur la montée des cours de l’or, passé en l’espace de dix ans de 10 000 euros à 150 000 euros, ce qui devrait en toute logique rendre la situation des orpailleurs aujourd’hui bien meilleure ! S’appuyant sur une réalité très précise et localisée pour évoquer le rôle toujours prépondérant de l’extraction minière dans l’organisation économique internationale, La Montage d’or est vraiment impressionnant et passionnant.



