Le Bonheur

Réalisation : Agnès Varda
Casting : Jean-Claude Drouot, Marie-France Boyer, Claire Drouot

Type de film : Fiction
Pays : France
Année : 1965
Durée : 80 mn

CINE RENCONTRE
Mardi 10 novembre à 20:00 à Montpellier.

Séance unique suivie d’une discussion animée par Pierre-Antoine Bourquin enseignant de l’histoire du cinéma et de l’analyse filmique à l’université de Montpellier Paul- Valéry, spécialiste de genèses cinématographiques et d’Agnès Varda, à laquelle il a notamment consacré sa thèse de doctorat soutenue en 2025. Il a rassemblé les textes de la cinéaste parus en 2023 dans Varda par Agnès (1994-2019).
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Le Bonheur déploie une fable ambivalente sur le couple, baignée de couleurs chaleureuses qui dissimulent une impression profondément glaçante. À sa sortie, malgré son interdiction aux moins de 18 ans et le blâme de l’Église catholique, la portée transgressive du film échappe à une partie de son public. Pourtant, le remplacement de l’épouse par la maîtresse installe un trouble persistant, celui d’un « beau fruit véreux » disait la cinéaste, séduisant en apparence, mais vicié de l’intérieur. En détournant les codes visuels des magazines féminins et leur idéal de la femme au foyer, Agnès Varda compose un tableau familial dont l’harmonie apparente laisse sourdre un profond malaise. Le film met en scène une jeune famille heureuse et séduisante composée de quatre personnes. Il s’ouvre sur une scène représentant un après-midi idyllique et tranquille en forêt. Entourés d’un vert intense, François (Jean-Claude Drouot) et Thérèse (interprétée par la véritable épouse de Jean-Claude, Claire Drouot) semblent profondément amoureux l’un de l’autre et de leurs deux jeunes enfants (joués par les vrais enfants du couple) alors qu’ils profitent d’une journée à la campagne. Toute la scène regorge de couleurs vives, de notes joyeuses de Mozart et du bonheur absolu de la famille. Le lendemain, François reprend son travail de menuisier tandis que sa femme travaille comme couturière, tout en accomplissant des tâches ménagères successives dans une série de plans qui ont sans doute influencé Jeanne Dielman, 23, quai du Commerce, 1080 Bruxelles (1975) de Chantal Akerman. Quelques jours plus tard, François fait la connaissance d’Émilie, une jeune employée de bureau de poste très séduisante. Sans hésiter, il entame une liaison avec elle. Il lui explique qu’il est très heureux chez lui, qu’il aime profondément sa femme et ses enfants, mais qu’il l’aime aussi, elle.

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