Miss Mermaid
Réalisation : Pauline Brunner, Marion Verlé
Casting : Aloïse Sauvage, Thomas VDB, Annie Mercier, Alison Wheeler
Scénario : Pauline Brunner, Marion Verlé, Marie Eynard
Type de film : Fiction
Pays : France, Belgique
Année : 2025
Durée : 92 mn
Sortie nationale : 01/07/2026
Premier film d’une « hydre à deux têtes » comme aiment à se définir elles-mêmes Pauline Brunner et Marion Verlé, voici une bien délicieuse comédie sociale comme on les aime ! Avec un talent certain pour le burlesque, une vive intelligence pour raconter en douce une réalité sociale férocement âpre et une profonde tendresse pour des personnages malmenés par la précarité du monde du travail, l’hypocrisie des familles ou la pêche intensive, Miss Mermaid a tout du film épatant qui vous met en joie : modeste et généreux, fraternel et drôle, engagé mais sans donner de leçons.
Fanny, quand on la voit, on ne l’imagine pas spontanément en « Miss mermaid », en Miss sirène. Frêle plutôt qu’athlétique, le cheveu mi-court et terne plutôt que long et soyeux, pas de paillettes autour des yeux ni de bleu irisé sur les lèvres… Fraîchement divorcée – quelle connerie aussi que de se mettre la bague au doigt à dix-neuf ans ! –, elle a la trentaine un peu triste, un canapé en skaï comme ultime relique de son mariage qui a pris l’eau et cumule des emplois précaires, le jour comme femme de ménage dans les villas louées par des vacanciers qu’elle prendra soin de ne jamais croiser, la nuit comme nettoyeuse au karcher dans une fabrique de conserves de poisson. Tout aurait pu ainsi s’écouler tristement dans la demeure familiale retrouvée faute de pouvoir se payer un loyer si elle n’avait pas croisé le regard (pour le coup artistiquement pailleté) d’Anémone.
Anémone, c’est la sirène bien sûr (géniale Alisson Wheeler), l’une des rares sirènes professionnelles françaises. Soudain, c’est tout un univers qui s’ouvre alors à Fanny : le monde du « mermaiding ». Avec ses queues de sirène en silicone de quinze kilos qui coûtent un bras, ses tutos maquillage holographiques, ses chorégraphies aquatiques enchanteresses, mais aussi sa bienveillance, sa simplicité… Fini les ex toxiques, les crédits à rembourser, les boîtes d’intérim à la con. Et après tout, pourquoi pas elle ? Poussée par sa copine d’usine Paupiette, quarante ans de boîtes de conserve au compteur et une gouaille digne d’Arletty, Fanny cède à l’envie irrésistible de mettre un peu de rêve dans sa vie : la voilà qui franchit le pas pour devenir Nini la Sirène ! Elle se teint les cheveux en rose, s’abonne à la piscine municipale, commence un entraînement sportif sur ses deux lieux de travail et apprend l’apnée pour nager à l’aise dans les eaux salées. Objectif : le prochain concours international de sirènes qui se tiendra à Bilbao. Tout le monde – à commencer par ses parents et son ex – la croient tarée, mais elle sait pouvoir compter sur l’amitié indéfectible de Paupiette – qui reçoit plus d’affection de ses trois chats que de son fils et de ses petits-enfants et qui préfère finir au fond du port de Fécamp plutôt qu’en Ehpad – et de Tintin (Thomas VDB, irrésistible), marin grande gueule engagé contre le lobby de la pêche industrielle qui détruit les fonds marins et lui pique son gagne-pain. Cette communauté du diadème, des coquillages et des perles qui brillent va tout faire pour aller au bout du rêve de Fanny, qui trouvera quant à elle au fond de la piscine, non pas un petit pull marine, mais mille fois mieux : la liberté d’être qui elle veut et d’être heureuse ainsi, sans mari, sans projet d’enfants, sans crédit immobilier sur quarante-cinq ans…



