Le passage

I was a stranger

Réalisation : Brandt Andersen
Casting : Angeliki Papoulia, Yasmine Al Massri, Constantine Markoulakis, Ayman Samman, Massa Daoud, Omar Sy
Scénario : Brandt Andersen

Type de film : Fiction
Pays : Jordanie, USA
Année : 2026
Durée : 107 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 08/07/2026

Mercredi 08 juillet
11:40
20:20
Jeudi 09 juillet
16:30
Vendredi 10 juillet
11:40
19:00
Samedi 11 juillet
11:10
19:30
Dimanche 12 juillet
17:40
Lundi 13 juillet
18:00
Mardi 14 juillet
19:30
Du 08/07/2026 au 14/07/2026 – Prochaines séances

« Imaginez le spectacle de ces misérables étrangers, leurs bébés sur le dos, avec leur maigre baluchon. Marchant péniblement vers les ports et les côtes pour embarquer, tandis que vous êtes repus comme des rois… Tel est le triste sort des étrangers, telle est votre incommensurable inhumanité. » (William Shakespeare, début du XVIIe siècle)

Amira est radiologue en pédiatrie dans un hôpital d’Alep, régulièrement frappé par les bombardements. Voilà maintenant trois ans que l’ancienne capitale économique de la Syrie est le théâtre de la guerre civile, divisée entre sa partie ouest, tenue par le régime de Bachar-El-Assad, et sa partie est, contrôlée par l’opposition. À l’hôpital, au milieu des explosions, Amira ne regarde pas si elle soigne des rebelles ou des partisans du régime, elle fait son travail. Au sortir de 72 heures de garde épuisante, elle retrouve Rasha, sa fille venue lui rappeler que nous sommes le 24 avril 2015 et c’est son anniversaire ! Un anniversaire qu’elles vont fêter en famille, autour d’un chaleureux repas, comme une parenthèse de douceur dans cette guerre terrible. Quand soudain : un avion, une bombe… et plus rien. Tout ce qui existait l’instant d’avant n’est plus. Et cet instant devient le point de bascule, l’élément déclencheur de toute une série d’événements liés les uns aux autres.

Pendant que nos deux héroïnes rescapées, cachées dans le coffre d’une voiture, tentent de sortir du pays, un nouveau chapitre s’ouvre sur la vie d’un soldat dans la même ville, quelques heures plus tôt. Mustafa est un militaire au service du pouvoir. Pourtant, témoin de la prise en main de son régiment par un général sanguinaire, sa ferveur et son engagement déclinent, d’autant plus lorsqu’il apprend par hasard que son père, opposant au régime, est sur la liste noire dudit général…

Le film de Brandt Anderson est conçu comme la métaphore géopolitique de l’effet domino, de la réaction en chaîne… Les personnages se croisent sans se connaître, avant même que leurs histoires se retrouvent enchevêtrées. Chapitré en 5 parties portant chacune le nom du personnage qui en tient le premier rôle, le film nous fait voyager de la Syrie à la Turquie, puis de la Turquie à la Grèce et retour au point de départ. Ces cinq parties constituent cinq perspectives dans les étapes de l’immigration, cinq regards différents sur le véritable sujet du film : les réfugiés.

Ainsi, commencer par une citation vieille de 400 ans qui n’a pas pris une ride signifie à quel point le problème existe depuis des lustres. Pour une grande partie de l’histoire humaine, les gens se sont déplacés dans le monde entier à la recherche de nouvelles opportunités, de ressources, de liberté. Mais au cours des derniers siècles, les gouvernements sont intervenus pour limiter ce mouvement. Les nouvelles sur l’immigration ne sont jamais loin des gros titres, et Le Passage – le titre original est bien plus parlant : I was a stranger – porte un regard passionnant sur la lutte des familles qui cherchent à survivre, peu importe le coût.

Sur le chemin du docteur Amira Homsi et du soldat Mustafa en proie au doute, nous croiserons aussi l’impitoyable passeur parfaitement incarné par un Omar Sy complètement à contre-courant de ses rôles habituels, le Poète Fathi qui tente par tous les moyens de préserver sa famille, ou encore Stavros, le capitaine grec confronté tous les soirs à la détresse de ces hommes, femmes et enfants qui mettent leur vie en danger pour une lueur d’espoir qui se paie souvent au prix fort.

Grand Prix du public au Festival de Deauville, Le Passage est une forte incursion dans la crise mondiale des réfugiés, avec les codes du thriller, un rythme haletant, des personnages complexes et une perspective profondément humaniste.

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