RRR

Rise Roar and Revolt

Réalisation : S.S. Rajamouli
Casting : Jr NTR, Ram Charan, Alia Bhatt, Alison Doody, Ray Stevens
Scénario : S.S. Rajamouli

Pays : Inde
Année : 2022
Durée : 187 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 29/07/2026

Mercredi 26 août
12:00
Samedi 29 août
21:25
Dimanche 30 août
19:45
Lundi 31 août
19:40
Mardi 01 septembre
17:05
Vendredi 04 septembre
19:00
Dimanche 06 septembre
11:05
Jeudi 10 septembre
17:00
Vendredi 11 septembre
15:15
Du 26/08/2026 au 11/09/2026 – Prochaines séances

Attention, voici une fresque hors normes qui va vous garder épaté dans votre fauteuil pendant plus de trois heures, vous procurer un indiscutable plaisir presque enfantin à suivre les péripéties de deux forces de la nature et traverser, avec elles, tout un pan de l’histoire coloniale de l’Inde dans un grand souffle épique qui balaie tout sur son passage. Un film révolutionnaire !

L’inde dans les années 1920, sous domination coloniale britannique. La population locale subit les pires exactions. Lorsqu’une jeune fille du peuple Gond est enlevée par l’administrateur de la colonie et son épouse, Bheem, son protecteur, prend la tête de la résistance et part la retrouver. Il rencontre sur sa route Raju dont il ignore encore que, sous l’uniforme de l’oppresseur, il a été engagé pour l’arrêter. L’un a le caractère du feu, l’autre celui de l’eau. Tout les oppose, ou presque, et pourtant, ils vont cheminer ensemble poursuivant deux quêtes aux antipodes l’une de l’autre…

Avec RRR, le réalisateur nous transporte dans une œuvre mythique qui fait fi de toute vraisemblance. Intéressé par les parcours de Alluri Sitarama Raju et Komaram Bheem, deux révolutionnaires indiens des années 1920, S.S. Rajamouli s’est imaginé ce qu’il aurait pu se passer si les deux hommes s’étaient rencontrés et étaient devenus amis… Avec cette histoire de sauvetage d’une jeune fille indienne enlevée par les colons britanniques, doublée d’une intrigue d’infiltration des forces d’occupation, le cinéaste convoque deux figures historiques pour les transformer en héros mythologiques d’un récit épique et merveilleux.

Incroyable patchwork de genres, mêlant film d’action, comédie musicale, romance, pamphlet anticolonialiste et film de guerre, l’œuvre déploie une mise en scène d’une inventivité constante, où les scènes d’action prennent la forme de véritables chorégraphies et où la danse devient un combat, comme lors de cette mémorable séquence de bal qui voit Indiens et Britanniques s’affronter jusqu’à l’épuisement. RRR regorge de morceaux de bravoure particulièrement marquants : une arrestation spectaculaire au milieu d’une foule récalcitrante, un concours de danse endiablé, le sauvetage d’un enfant pris dans les flammes – moment fondateur de l’amitié entre les deux héros – ou encore l’attaque du palais, aussi inventive que grandiose.

Le cinéma de Rajamouli ne craint jamais les excès de l’emphase, de l’invraisemblance ou d’un manichéisme pleinement assumé. On assiste à une véritable bande dessinée vivante exaltant les exploits de révolutionnaires aux allures de super-héros, dotés d’une force herculéenne, dans un scénario brassant de nombreux thèmes : le colonialisme, le racisme, la trahison, l’amitié ou encore les faux-semblants, le tout avec beaucoup d’humour.

Koduri Srisaila Sri Rajamouli, 53 ans et 12 longs-métrages réalisés depuis 2001 (la plupart inédits en France), est devenu ces dernières années un phénomène du cinéma indien, piquant la curiosité du marché international avec des films fabriqués dans l’État méridional de l’Andhra Pradesh, dialogués en telougou, qui battent en matière d’excentricité le cinéma bollywoodien de Bombay ! Des films incongrus, extravagants, proposant un climat encore jamais vu sous nos latitudes… C’est véritablement une année « rajamoulienne » qui se donne libre cours en France : certains ont déjà pu apprécier la singularité époustouflante du réalisateur dans Eega, la mouche vengeresse, mêlant métempsychose hindouiste, loi du karma et Tex Avery, programmé dans nos salles en avril, où un jeune homme, écrasé par le prétendant de celle dont il est follement épris, se réincarne en mouche pour se venger, et la Cinémathèque de Paris vient de lui consacrer une rétrospective. Gageons donc qu’avec le soutien du distributeur Carlotta, l’ensemble de son œuvre atteindra enfin nos salles, pour le plaisir d’un spectacle digne du grand écran !

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