De 19h à 20h dans le hall du cinéma : Apéro-animation avant la projection : « L’écologie décoloniale, c’est quoi » pour questionner les injustices environnementales et comprendre comment les dynamiques néocoloniales sont aujourd’hui indissociables de la lutte écologique(un jeu de LafiBala)
20h projection des 2 films Les Antilles empoisonnées, la banane et le chlordécone et Outre-mer, terres de solutions suivie d’un échange.
Type de film : Documentaire Pays : France Année : 2024 Durée : 52 mn Version : VOST
Un désastre sanitaire, un scandale politique. Aux Antilles, 93 % de la population est contaminée au chlordécone, pesticide idéal pour lutter contre le charançon noir du bananier mais terriblement délétère pour la santé : perturbateur endocrinien, il altère le développement neurologique des enfants, cancérogène, il fait de la Guadeloupe et de la Martinique les championnes du monde des cancers de la prostate. Les Antilles empoisonnées retrace l’histoire de ce toxique depuis sa mise au point en 1952 jusqu’aux dernières études épidémiologiques. Interdit pour les cultures alimentaires aux États-Unis, le Kepone, nom commercial du pesticide organochloré, essuie plusieurs refus d’homologation en France. Son autorisation de mise sur le marché est signée en 1972 par le ministre de l’Agriculture, un certain Jacques Chirac. Car les grands planteurs, les « békés », ont leurs relais à Paris – ils sont d’importants bailleurs de fonds du RPR (le Rassemblement pour la République, parti créé sur les ruines de l’UDR par J. Chirac, devenu UMP puis LR / Les Républicains – note du claviste).
C’est tout le mérite de l’excellente synthèse réalisée par Nicolas Glimois : non content de documenter la catastrophe écologique, il plonge à ses racines coloniales. Montre grâce à de saisissantes archives qu’une telle calamité n’est possible que sur des îles où la propriété et le pouvoir sont détenus par quelques-uns, où l’économie est fondée sur des cultures d’exportation, la canne à sucre puis la banane. Cette situation d’assujettissement explique l’usage du chlordécone jusque dans les années 1990 malgré ses dangers avérés et son interdiction partout ailleurs. C’est seulement en 2000, avec l’arrivée en métropole d’une cargaison de patates douces contaminées (illico incinérées sur le port de Dunkerque), que la pollution au chlordécone devient un sujet de santé publique. Et un objet de lutte judiciaire – vaine jusqu’à présent. (Samuel Gontier, Télérama)
OUTREMER, TERRES DE SOLUTIONS
De Hélène TRIGUEROS (France 2025 52 min)
Pour se nourrir, les Outremer dépendent en grande partie des importations. Cette dépendance alimentaire est au cœur des enjeux de demain et reste l’une des préoccupations principales de la population. Agriculteurs, pêcheurs, éleveurs doivent s’affirmer face aux importateurs en prenant en considération dans leurs pratiques les changements climatiques, les pollutions des sols, et l’appauvrissement des zones de pêche. De l’Atlantique à l’océan Pacifique, en passant par le bassin Indien, les Outremer partagent le défi commun de reconquérir leur souveraineté alimentaire. Des femmes et des hommes passionnés réinventent l’agriculture, préservent la biodiversité et redéfinissent le lien profond qui les unit à leur terre.
Un documentaire passionnant offrant un regard lumineux et inspirant sur les initiatives locales mises en place pour renforcer l’autonomie alimentaire en outre-mer. Les témoignages des différents territoires présentés montrent comment des acteurs locaux cherchent à réduire la dépendance aux importations tout en construisant des systèmes alimentaires plus résilients. Un bel exemple du « consommons local ! »