Riz amer

Riso amaro

Réalisation : Giuseppe de Santis
Casting : Silvana Mangano, Vittorio Gassman, Doris Dowling, Raf Vallone, Adriana Silveri
Scénario : Giuseppe De Santis, Corrado Alvaro, Carlo Lizzani, Carlo Musso, Ivo Perilli, Gianni Puccini

Version restaurée 4 K

Type de film : Fiction
Pays : Italie
Année : 1948
Durée : 108 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 07/10/1949

Mercredi 01 juillet
17:40
Jeudi 02 juillet
17:30
Vendredi 03 juillet
18:00
Samedi 04 juillet
17:10
Dimanche 05 juillet
19:00
Lundi 06 juillet
17:45
Mardi 07 juillet
14:20
Mercredi 08 juillet
11:30
Jeudi 09 juillet
17:40
Vendredi 10 juillet
17:20
Samedi 11 juillet
17:00
Mardi 14 juillet
16:00
Du 01/07/2026 au 14/07/2026 – Prochaines séances

Walter, un jeune voyou à la belle gueule, et Francesca, sa complice, ont volé un collier. Ils se retrouvent en gare de Turin pour fuir. C’est le jour où transitent les convois des « mondines », les travailleuses des rizières qui, au mois de mai, partent en groupe vers la province de Vercelli, sur les rives du Pô. Reconnu par la police, Walter réussit à se cacher après avoir ordonné à Francesca de se mêler aux « mondines ». L’une d’elles, Silvana (la Mangano, bien sûr) est mêlée à l’incident et, par curiosité et attrait de l’interdit, cherche à se lier avec l’intruse… Arrivées dans la ferme qui doit les employer, les ouvrières apprennent que seules celles qui ont un contrat en règle pourront travailler ; les autres, les sans-papiers, devront repartir. La révolte gronde, et Walter va débarquer pour compliquer encore la situation…

Invisible en salle depuis bien longtemps, Riz amer est un grand classique du cinéma italien d’après guerre. Un classique longtemps plébiscité par le public plus que par la critique, qui reprocha au film – à l’époque véritable blockbuster du genre – de ne pas être à la hauteur de l’exigence du néo-réalisme alors triomphant, de mélanger les genres, de sacrifier aux facilités du mélodrame. C’est bien évidemment ce côté « impur » qui séduisit les foules et qui fait tout l’intérêt du film aujourd’hui : Giuseppe De Santis et ses (nombreux, comme c’était courant dans le cinéma italien de l’époque) co-scénaristes agrémentent leur étude sociale sans concession d’une intrigue vaguement policière et de rebondissements passionnels tragiques. Sans oublier bien sûr l’érotisme violent et enragé qui irradie de nombreuses séquences. Historiquement, Riz amer propulsa au rang de stars deux acteurs et une actrice débutants : Vittorio Gassman, alors principalement connu comme comédien de théâtre dans la troupe de Luchino Visconti et qui deviendra l’un des grands noms de la comédie à l’italienne ; Raf Vallone, qui n’était pas encore acteur mais journaliste à L’Unità et qui aida De Santis et ses scénaristes à mener l’enquête préparatoire sur le milieu des mondines, les travailleuses du riz ; enfin et surtout Silvana Mangano, incarnation incandescente de l’érotisme dont on parlait plus haut – son érotisation a d’ailleurs déplu à la critique de gauche, contribuant au mauvais accueil du film dans les colonnes des journaux. Initialement, son rôle n’était pas aussi développé, mais l’irruption de celle qui deviendra rapidement LA Mangano va changer la donne. Pull moulant, short serré, bas filés roulés sur ses jambes : une image, presque une icône, qui deviendra l’affiche du film et un motif de scandale dans l’Italie très catholique de la fin des années 1940. À tout juste dix-neuf ans, Silvana Mangano va devenir, avec Riz amer, le premier sex-symbol italien, la « Rita Hayworth du néoréalisme », sans que cela ait été un projet du cinéaste. L’aura de la Mangano a dépassé son personnage pour devenir, comme l’écrit Carlo Lizzani « un fait narratif en soi ».

Signalons par ailleurs que Riz amer présente la particularité tout à fait exceptionnelle dans le cinéma italien de rassembler – comme ce sera le cas dans un autre film de De Santis, Onze heures sonnaient (1952) – un casting à 90 % féminin, où les personnages secondaires ne sont pas seulement des faire-valoir mais de réelles protagonistes.

Et ajoutons que la copie restaurée restitue le film dans la version voulue par le réalisateur, avec son noir et blanc âpre et expressif, son esthétique brute et volontairement dénuée de tout raffinement. (avec l’aide d’Aurore Renaut dans le document d’accompagnement de la réédition du film)

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