Seuls les rebelles

Réalisation : Danielle Arbid
Casting : Hiam Abbass, Amine Benrachid, Shaden Fakih
Scénario : Danielle Arbid

Type de film : Fiction
Pays : France, Liban
Année : 2025
Durée : 105 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 24/06/2026

Mercredi 24 juin
20:30
Jeudi 25 juin
14:10
Vendredi 26 juin
17:00
Samedi 27 juin
17:30
Dimanche 28 juin
17:30
Mercredi 01 juillet
16:30
Jeudi 02 juillet
13:15
Vendredi 03 juillet
15:30
Samedi 04 juillet
13:15
Lundi 29 juin
11:40
Mardi 30 juin
21:00
Mardi 07 juillet
18:30
Mercredi 08 juillet
13:50
Dimanche 12 juillet
18:10
Mardi 14 juillet
13:40
Du 24/06/2026 au 14/07/2026 – Prochaines séances

Ironie du sort, Seuls les rebelles a été présenté en ouverture de la section Panorama de la Berlinale 2026, alors même que Wim Wenders, président très peu inspiré du jury du festival, réclamait que la manifestation – et le cinéma en général – reste apolitique ! Dans un pays où la criminalisation du soutien à la Palestine est probablement la pire en Europe ! Ironie criante parce que le très beau film de la cinéaste libanaise Danielle Arbid, interprété dans le rôle principal par la comédienne palestinienne Hiam Abbass, est éminemment politique, même s’il peut être rattaché au genre du mélodrame. Mais on sait bien, depuis Douglas Sirk et surtout Rainer Werner Fassbinder, que l’étiquette n’a rien de restrictif et qu’un mélo peut en dire beaucoup sur la lutte des classes ! On pense en particulier à Tous les autres s’appellent Ali : comme le chef-d’œuvre de Fassbinder, Seuls les rebelles est l’histoire d’un amour impossible et magnifie à travers les sentiments une résistance farouche à un ordre établi et considéré comme inéluctable. Dans Tous les autres s’appellent Ali, une veuve allemande sexagénaire rencontrait un ouvrier marocain trentenaire. Ici Suzanne, veuve palestinienne qui vit à Beyrouth, vient au secours d’Osmane, un jeune immigré soudanais, de plus de trente ans son cadet, victime d’un tabassage dans la rue. Agression malheureusement courante dans un pays où l’hostilité aux travailleurs immigrés subsahariens est terriblement ordinaire. Suzanne soigne Osmane puis l’héberge chez elle. Une amitié nait et, peu à peu, entre ces deux êtres si loin si proches, le désir puis l’amour s’immiscent (concrétisation à l’écran dans une scène superbe de danse). Évidemment cette relation fait rapidement jaser et la conduite de Suzanne est bruyamment désapprouvée par ses collègues de travail (elle est employée dans un magasin de tissus), tranquillement racistes, qui ne voient dans ce jeune homme noir qu’un profiteur potentiel. Et elle ne sera pas davantage comprise, ni soutenue par sa fille (la géniale humoriste libanaise Shaden Fakih), preuve que les jeunes peuvent être aussi rétrogrades que leurs aînés…

Danielle Arbid décrit magnifiquement la construction et la consolidation de cet amour – grâce en particulier à la performance tout en délicatesse de Hiam Abbass –, sans jamais en nier la complexité, ni l’ambiguïté. Chacun jugera si Suzanne ou Osmane songent ou pas à profiter des sentiments de l’autre…

En filigrane, le film raconte aussi les paradoxes de la société libanaise multiconfessionnelle, fruit des nombreuses occupations, qui est frappée d’un racisme systémique envers les nouveaux arrivants.

Seuls les rebelles devait tout naturellement être tourné à Beyrouth, tout était prêt… C’est alors que les bombardements israéliens ont frappé la ville. Brutalement, violemment, interdisant le travail d’une équipe de cinéma… Que faire ? Renoncer ? Reconstituer un fac-similé de la ville dans une ville méditerranéenne ? La créative et inventive Danielle Arbid a choisi une autre option : projeter derrière les acteurs les images de Beyrouth. C’est visuellement fascinant, intégrant en boucle par exemple des écrans de télé qui rendent compte du chaos de la région. Le dispositif est volontairement artificiel mais il rend génialement compte de ce cinéma de l’empêchement, il traduit avec une incroyable force expressive la réalité quotidienne des habitants. Il faut ici souligner le travail exceptionnel de la directrice de la photographie, la française Céline Bozon, qui crée pour nous un Beyrouth surréel, sidérant de beauté.

D’autres films à l’affiche

Nouvelle-Zélande – 2007
93mn
France – 2025
91mn
France – 2025
90mn