Congo Boy

Réalisation : Rafiki Fariala
Casting : Bradley Fiomona, Christy Djomanda Louba, Pétruche Mbomba, Rosiana Kotozia, Gloria Ambacko, Dieufera Sana
Scénario : Rafiki Fariala

Type de film : Fiction
Pays : République centrafricaine, France, République démocratique du Congo, Italie
Année : 2025
Durée : 90 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 25/11/2026

cycle Lumières d’Afrique(s)
Lundi 09 novembre à 20:00 à Montpellier.

Avant première exceptionnelle dans le cadre du cycle Lumières d’Afrique(s) et en partenariat avec La Cimade et le Festival Migrant’Scène, suivie d’une discussion animée par Delphe Kifouani, professeur en Études Cinématographiques à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, Sénégal, et chargé d’enseignement à l’Université Paul-Valery Montpellier 3, et en présence de membres de La Cimade.
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À dix-sept ans, Robert n’a déjà plus le luxe d’être un enfant. Réfugié congolais à Bangui, en Centrafrique, il jongle entre les petits boulots, les études et ses frères et sœurs dont il doit assurer la survie, tandis que ses parents croupissent en prison. Comme si cela ne suffisait pas, les milices font régner la terreur et l’administration lui rappelle à chaque démarche qu’il n’est pas chez lui. Sans papiers, même aller à l’école devient un parcours du combattant, avec des frais de scolarité exorbitants réservés aux étrangers. Après Nous, étudiants ! (2023, montré dans Afriques en Vision), Rafiki Fariala poursuit son exploration de la jeunesse centrafricaine avec une histoire à peine croyable. Et pour cause : Robert, c’est lui ! Le cinéaste a lui-même vécu cette année terrible pendant laquelle ses parents furent emprisonnés pour avoir tenté de fuir la guerre avec de faux papiers : il réussit à payer leur caution grâce au prix remporté lors d’un concours de chant ! Une histoire devenue la matière d’une fiction qui refuse d’aligner les malheurs pour arracher des larmes.

La caméra, toujours en mouvement, épouse le rythme effréné de cette existence où chaque journée ressemble à une course contre la montre. Les coups de feu éclatent au détour d’une scène ordinaire, la menace rôde et pourtant la vie continue, avec son lot de tendresse, de chamailleries et de petites victoires. Entre documentaire et fiction, Fariala brouille joyeusement les frontières : sa propre tante joue son rôle, de vrais militaires incarnent les soldats et les rues de Bangui deviennent un formidable terrain de cinéma. Une authenticité qui doit autant à l’instinct du réalisateur qu’à l’énergie de la jeune équipe centrafricaine embarquée dans cette aventure collective. Et puis il y a la musique ! Quand Robert empoigne le micro, quelque chose se libère. Le rap devient son territoire, celui où il peut revendiquer ses racines congolaises plutôt que les dissimuler pour se faire accepter. Ancien chanteur, Fariala a lui-même composé toutes les chansons du film, puisant dans ses souvenirs et son amour pour la Centrafrique, ce pays d’adoption auquel il rend un vibrant hommage. Pour son premier grand rôle, Bradley Fiomona crève l’écran. Tour à tour bravache, fragile, insolent et débordé, il donne à Robert cette épaisseur qui manque si souvent aux héros de cinéma trop parfaits pour être vrais. Il porte la fatigue des adultes mais conserve la fougue de ceux qui ont encore tout à inventer.

Quand le film prend des airs de compétition musicale, c’est toute cette fougue qui éclate, plus forte que les violences et les humiliations. Car Robert ne demande ni charité ni admiration, seulement le droit d’exister sans avoir à se justifier de ses origines, des frontières traversées ou des papiers qu’il n’a pas. Fariala, qui connaît cette condition de l’intérieur, tient à rappeler qu’un réfugié est avant tout quelqu’un qui a des aspirations, des talents et mille envies d’avenir. À dix-sept ans, on devrait pouvoir se soucier de ses rêves plutôt que de sa survie. Aimer, chanter, se tromper, recommencer… Bref, avoir dix-sept ans ! Et c’est cette formidable envie de vivre qui emporte Congo boy, merveilleux film qui nous serre autant le cœur qu’il nous donne des ailes. On en ressort bouleversé, le sourire aux lèvres et les refrains de Robert dans la tête, avec une furieuse envie de les chanter à tue-tête dans la rue !

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