Le vertige

Réalisation : Quentin Dupieux
Casting : Alain Chabat, Jonathan Cohen, Anaïs Demoustiers, Jean-Marie Winling
Scénario : Quentin Dupieux
Récompenses : Festival de Cannes 2026 : Clôture de la Quinzaine des Cinéastes

Type de film : Animation
Pays : France
Année : 2026
Durée : 67 mn

Sortie nationale : 10/06/2026

Samedi 13 juin
11:00
Samedi 13 juin
21:30
Dimanche 14 juin
11:10
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17:50
Lundi 15 juin
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Mardi 16 juin
13:15
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Mercredi 17 juin
18:45
Jeudi 18 juin
14:30
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Vendredi 19 juin
11:20
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Samedi 20 juin
14:30
Samedi 20 juin
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Dimanche 21 juin
18:00
Lundi 22 juin
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Mardi 23 juin
14:10
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Mercredi 24 juin
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Jeudi 25 juin
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Vendredi 26 juin
15:30
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Samedi 27 juin
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Dimanche 28 juin
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Lundi 29 juin
13:40
Lundi 29 juin
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Mardi 30 juin
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Mercredi 01 juillet
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Jeudi 02 juillet
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Vendredi 03 juillet
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Samedi 04 juillet
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Dimanche 05 juillet
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Lundi 06 juillet
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Mardi 07 juillet
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Vendredi 10 juillet
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Samedi 11 juillet
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Dimanche 12 juillet
15:10
Lundi 13 juillet
12:00
Mardi 14 juillet
15:40
Du 13/06/2026 au 14/07/2026 – Prochaines séances

Depuis bientôt vingt ans le fantasque, et on ne peut plus productif Quentin Dupieux, cinéaste mais aussi DJ (sous le pseudonyme de Mr Oizo) et producteur musical, nous revient deux fois l’an, avec une régularité quasi métronomique, pour dynamiter le cinéma français à grands coups d’attentats cinématographiques surréalistes, voire dadaïstes – scénarios étiques dialogués comme des cadavres exquis, mise en scène minimaliste, castings de stars, références générationnelles de sous-pop-culture à gogo… Et depuis vingt ans on se demande avec la même constance si, à l’instar de Dalì auquel il a consacré un film, ce gars-là est un visionnaire (génial) ou un escroc (génial). Il manquait à son actif d’avoir laissé son empreinte déglinguée sur le film d’animation : l’oubli est réparé avec Le Vertige. Mais évidemment, le cinéma d’animation à la sauce Quentin Dupieux est définitivement hors-normes, barré, ailleurs…

Si, dans les années 2000, vous avez exploré les infinies possibilités du net, vous n’avez pas pu passer à côté des Sims – ce jeu de simulation vaguement réaliste, d’une rare indigence graphique, précurseur des jeux dits « Bac-à-Sable » : des univers connectés, sans narration, où via leurs alter-ego virtuels, les joueurs et joueuses reproduisent ou réinventent dans un monde pixelisé à outrance leurs interactions sociales, professionnelles, amoureuses… L’idée de « faire du cinéma » dans les univers ludiques en ligne, aux ressources quasi illimitées, n’est pas nouvelle – cette technique a même un nom : le machinima (on vous invite à découvrir le stimulant Knit’s island, ainsi que la série réalisée par les mêmes auteurs pour Arte La Vraie vie). C’est évidemment la voie (étroite) choisie par l’ami Dupieux : graphiquement sommaire, esthétiquement discutable, peu coûteux… ça lui va comme un gant et c’est le support idéal pour (se) poser des questions métaphysiques lynchiennes plutôt rigolotes – par exemple : le monde que nous percevons est-il réel ? Ou sommes nous des personnages dans la modélisation virtuelle d’un gamer sans inspiration ?

Nous sommes au petit matin, dans un succédané minimaliste de Paris, et Jacques (qui a le visage approximatif et la voix d’Alain Chabat) s’avance d’un bon pas – quoique saccadé et un chouia robotique, animation Sims oblige – vers le domicile de son ami Bruno (dont la tronche passablement déformée rappelle celle de Jonathan Cohen) pour lui faire une grande révélation : nous ne vivons pas dans un monde réel mais virtuel, et il en a les preuves. Un brin dubitatif, Bruno est embarqué par Jacques vers le square le plus proche où, derrière un buisson et sous une plaque d’égout, un malheureux pigeon semble voler en position stationnaire depuis toujours… Lorsque l’épouse de Bruno (Anaïs Desmoustier) accouche brutalement sur le sol d’un enfant dépourvu de cordon ombilical, Jacques est convaincu de tenir une nouvelle preuve des « bugs » de la matrice qui génère le monde…

Au-delà de la provocation et de l’absurde, au-delà de l’audace de jouer sur la laideur graphique et le bricolage de l’animation, Quentin Dupieux soulève par ses déconnades une réflexion passionnante sur notre civilisation et ses dérives, le complotisme, les fake-news et les dangers saillants de l’intelligence artificielle. Et livre en une petite heure jubilatoire une farce incisive qui se moque joyeusement des gourous de la « tech ».

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