Seule la vie

Vier minus drei

Réalisation : Adrian Goiginger
Casting : Valerie Pachner, Robert Stadlober, Stefanie Reinsperger, Hanno Koffler
Scénario : Senad Halilbašić
Récompenses : Berlinale 2026 : Prix du Public

D’après le roman autobiographique de Barbara Pachl-Eberhart

Type de film : Fiction
Pays : Autriche
Année : 2025
Durée : 121 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 08/07/2026

Mardi 14 juillet
17:10
Mercredi 15 juillet
12:00
Mercredi 15 juillet
20:00
Jeudi 16 juillet
15:00
Vendredi 17 juillet
14:00
Vendredi 17 juillet
19:40
Samedi 18 juillet
16:30
Dimanche 19 juillet
13:40
Dimanche 19 juillet
19:45
Lundi 20 juillet
19:50
Mardi 21 juillet
12:10
Mercredi 22 juillet
16:00
Jeudi 23 juillet
16:00
Vendredi 24 juillet
18:00
Samedi 25 juillet
16:45
Dimanche 26 juillet
13:30
Lundi 27 juillet
13:05
Mardi 28 juillet
19:30
Jeudi 30 juillet
14:20
Vendredi 31 juillet
13:10
Samedi 01 août
13:05
Lundi 03 août
16:00
Du 14/07/2026 au 03/08/2026 – Prochaines séances

Commençons par la fin, comme le fait le film, pour dire ses purs moments de grâce, qui tiennent notamment à un métier méconnu, ou plutôt faussement connu, celui de clown. Que dis-je un métier ! Plus qu’un emploi : une passion, une façon d’être, à la vie, aux autres, à soi-même. Seule la vie célèbre ces drôles de comédiens-contorsionnistes-jongleurs-magiciens qui, acrobatiquement maladroits, bariolés de toutes les couleurs, s’efforcent d’enchanter les pistes aux étoiles mais aussi, dans un registre plus quotidien, de mettre un peu de vie, de rêve, d’humour, de poésie dans les lieux qui en sont dépourvus, comme les chambres tristes des enfants hospitalisés… « Si un comédien joue plusieurs personnages, un clown n’en a qu’un »… dont on (re)découvre qu’il s’enrichit de ses failles secrètes… C’est toute une humanité bigarrée, un cortège joyeux, qui se déploie sous nos yeux, transbahutant son lot de tristesse, la camouflant sous des oripeaux drolatiques, transcendant perpétuellement ses blessures pour mieux les panser.

Barbara qui rêvait, avec son joli minois, d’être actrice (c’est plus glorieux) n’aurait jamais songé à devenir clown. C’était compter sans les hasards de la vie et des rencontres, les échecs cuisants des auditions, le compagnonnage amoureux… mais n’anticipons pas : tout cela se découvrira rétrospectivement, dans la douceur de flash-back ouatés et dorés. Pour l’heure, c’est dans la lumière crue d’un pénible embouteillage que l’on fait connaissance avec notre héroïne. Son téléphone sonne. Très imprudemment Barbara décroche, on craint pour elle un accident. De fait un accident a bien eu lieu, mais ailleurs, pas pour elle, peut-être pour les siens ? L’amie qui l’appelle apporte peu de précisions, elle a juste entendu parler du camion d’un clown renversé… Peut-être une coïncidence, mais il y n’y a pas tant de comédiens à nez rouge que ça dans le coin… Réfrénant mal son inquiétude grandissante, Barbara appelle sans discontinuer le portable désespérément muet d’Heli, son mari, laisse quantité de messages…

Un lit d’hôpital plus loin. Le temps est suspendu au tempo d’un monitoring qui marque les battements des cœurs des survivants… Barbara est sonnée, toutes les paroles inutiles tourbillonnent autour d’elle. Celles des grands-parents qui se raccrochent à la religion, celles des soignants aux termes impitoyablement précis. Celles des clowns absents. Alors qu’habituellement elle fait rire les enfants malades, par un étrange coup du sort, la voilà passée de l’autre côté de la scène, celle des personnes souffrantes à accompagner. Mais haut les cœurs ! Avec une force époustouflante, Barbara se raccroche à chaque brin de vie. Le moindre de ses gestes résonne comme une ode à ce qu’il y a de plus précieux, une ode à tous les plaisirs minuscules, à toutes les premières fois… Barbara, quoi qu’il arrive, prend le parti de rester riche de ses belles et grandes histoires d’amour… pour un homme, pour deux mioches, pour une tripotée d’amis hauts en couleur et rigolards. Et, on le sait, la mort ne peut pas tuer les grandes histoires d’amour.

Seule la vie, c’est la vie avant tout. Pas seulement celle qui « doit continuer ». Juste celle qu’il faut mordre à pleines dents avec un appétit gourmand en refusant de se laisser écraser par le poids du ciel quand il vient à tomber sur nos têtes. S’autoriser le bonheur, envers et contre tout. Que voilà un film lumineux, qui fait du bien – et qui bouscule avec fougue quelques clichés éculés sur l’irréparable deuil.

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