L’étrangère

Réalisation : Gaya Jiji
Casting : Zar Amir Ebrahimi, Alexis Manenti, Amr Waked, Megan Northam
Scénario : Gaya Jiji, Sarah Angelini, Agnès Feuvre, Mehdi Ben Attia

Type de film : Fiction
Pays : France
Année : 2026
Durée : 101 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 17/06/2026

Mercredi 24 juin
17:30
Jeudi 25 juin
21:00
Vendredi 26 juin
11:00
19:40
Samedi 27 juin
11:20
19:30
Dimanche 28 juin
11:10
20:15
Mercredi 01 juillet
14:10
Jeudi 02 juillet
14:30
Vendredi 03 juillet
21:50
Samedi 04 juillet
15:10
Dimanche 05 juillet
15:20
Lundi 29 juin
19:40
Mardi 30 juin
17:40
Lundi 06 juillet
14:10
Mardi 07 juillet
12:20
Mercredi 08 juillet
15:50
Vendredi 10 juillet
15:50
Samedi 11 juillet
13:30
Lundi 13 juillet
16:00
Mardi 14 juillet
19:40
Du 24/06/2026 au 14/07/2026 – Prochaines séances

Si on avait assez de corde, on se ferait un plaisir – et un devoir – d’attacher solidement à un fauteuil de cinéma devant L’Étrangère tout ce que le petit monde médiatico-politique hexagonal compte de nationalistes braillards, tous ces infatigables éditorialistes, essayistes, débatteurs de plateaux télé, pourfendeurs du fameux eldorado social français supposé agir comme un irrésistible appeau pour les hordes de populations candidates à une « immigration de confort », alléchées par « notre » système de soins, « nos » allocs, « nos » logements sociaux, et qui menacent de déferler sur nos villes et nos campagnes pour « grand remplacer » la société française. Oui, « immigration de confort », on a lu ça, on a entendu ça. Les crapules !

Même chez Selma, le discours discriminant, culpabilisant, a infusé. Selma qui, craignant pour sa vie, a confié son fils à ses parents avant de fuir la Syrie, à pied, a franchi mille obstacles, risqué la mort pour atteindre enfin Bordeaux ; Selma qui, « en situation irrégulière », survit quotidiennement en cumulant « au noir » les petits boulots : la plonge, le ménage de nuit… et gardera à vie la peur panique des aboiements des bergers allemands ; Selma qui se méfie de tout, de toutes et de tous, et qui pourtant s’efforce de donner un peu, pas trop, de sa confiance, sinon elle sait qu’elle est fichue ; Selma qui s’accroche comme à une bouée de sauvetage à son téléphone, ultime lien, fragile, avec son fils qu’elle espère pouvoir faire venir avec elle en France…

L’essentiel du film, tendu comme un arc, de Gaya Jiji, nous attache aux pas et, par fragments, à l’histoire de Selma. Sur les quais de la Garonne, dans le dédale des rues bordelaises, dans la cuisine d’un bistrot ou chez le couple de compatriotes qui l’héberge, la réalisatrice nous imprègne, sans pathos, du regard de la jeune femme. Selma, l’ancienne prof de français en Syrie, l’exilée revenue de tout qui s’efforce de se construire une façade indestructible. Selma qui, parce qu’elle l’a aperçu à la terrasse du bistrot, prenant soin d’un enfant avec une tendresse non-feinte, risque le tout pour le tout en mettant son destin de demandeuse d’asile entre les mains d’un avocat, Maître Jérôme Delauney. Il est avocat d’affaire, incompétent en matière de droits des étrangers, mais il se prend d’affection pour Selma, et décide de l’aider dans ses démarches administratives kafkaïennes. Incidemment, Selma se trouve regardée comme une femme – et plus seulement comme une migrante ou comme une proie. Sous le regard bienveillant, tendre, de Jérôme, elle peut commencer à se reconstruire. On n’en dira pas plus. Fragile, délicat, puissant, porté par une actrice (Zar Amir Ebrahimi) extraordinaire, le film avance comme dans la vie – sur un fil inconfortable, mais porté par une douce humanité.

D’autres films à l’affiche

Japon – 2025
122mn
Autriche – 2025
121mn
France – 2026
97mn