Kwaïdan

Kaidan

Réalisation : Masaki Kobayashi
Casting : Rentarō Mikuni, Michiyo Aratama, Tatsuya Nakadai, Keiko Kishi, Katsuo Nakamura, Tetsurō Tanba, Kan’emon Nakamura, Osamu Takizawa
Scénario : Yōko Mizuki

D’après le recueil Kwaidan ou Histoires et études de choses étranges de Lafcadio Hearn

Type de film : Fiction, Répertoire
Pays : Japon
Année : 1964
Durée : 183 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 15/05/1965

Vendredi 17 juillet
11:10
Samedi 18 juillet
16:00
Dimanche 19 juillet
19:15
Mardi 21 juillet
12:20
Vendredi 24 juillet
11:00
Dimanche 26 juillet
19:20
Mardi 28 juillet
16:00
Mercredi 29 juillet
14:00
Dimanche 02 août
11:20
Du 17/07/2026 au 02/08/2026 – Prochaines séances

Disons-le d’entrée : nous avons ici un film somptueux, synonyme de démesure, voire de déraison (son réalisateur a dû vendre sa maison pour compléter le budget !), et souvent cité comme influence : George Lucas, Akira Kurosawa comme Christophe Gans et Kate Bush (pour le clip de Sensual world)… beaucoup ont loué ce film hors norme du plus exigeant des cinéastes japonais, Masaki Kobayashi (Harakiri, La Condition de l’homme), dont ce Kwaïdan est l’un des fleurons du cinéma de studio japonais.

Le film se divise en quatre histoires de fantômes de durées variables. Dans la première, Les Cheveux noirs, on suit un samouraï ayant abandonné sa femme pour échapper à la pauvreté en épousant une riche héritière. Rejetant cette dernière et hanté par le souvenir de son premier amour, il décide de rentrer chez lui. La seconde, La Femme des neiges, aux couleurs venues d’un autre monde, conte le refuge en pleine tempête de neige de deux voyageurs chez une mystérieuse femme. Bien que le spectre commence par tuer le plus jeune des deux hommes avec son souffle glacial, le récit tourne vite en légende romantique, mêlant le secret à l’érotisme.

La troisième, Histoire de Hoichi sans oreilles, assurément la plus célèbre et comptant certains des plus beaux plans du cinéma japonais, suit un jeune conteur aveugle au corps entièrement tatoué d’incantations. Narrée par une voix off au son du biwa d’un jeune moine, une somptueuse parade fantomatique s’anime devant nos yeux, rassemblant dans un grandiose requiem les vaincus de la célèbre bataille de Dan-no-ura. La dernière histoire, Un bol de thé, peut-être la plus étonnante, suit un écrivain contant l’affrontement entre un samouraï et l’étrange reflet d’un jeune homme narquois au fond de sa tasse de thé. La confrontation, aussi insolite qu’irréductible, retransmet fidèlement la nature orale et inachevée des histoires adaptées dans le film.

Kwaïdan reprend un ouvrage de l’écrivain d’origine gréco-irlandaise Lafcadio Hearn qui, dans la dernière partie de sa vie, fut naturalisé au Japon, pays où il enseigna et duquel il compila les histoires de monstres et de fantômes (kaidan en japonais) issues du folklore et des légendes japonaises. Le kaidan eiga, ou « film de fantômes », est une vieille tradition japonaise loin d’être étrangère au cinéma. En réalisant ce film, la Toho et Kobayashi entreprennent le film-somme du genre. Entre sa musique lancinante, ses volutes colorées et ses reconstitutions historico-fantomatiques, toutes les innovations techniques y convergent vers une esthétique de l’obsession. A l’opposée de l’Occident, il s’agit moins ici d’effrayer que d’obséder. Les spectres n’y sont pas des surgissements horrifiques, ils font partie de l’ordre naturel, comme des émanations des erreurs et rancœurs humaines.

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